Le logo OMEGA est une marque déposée protégée dans la quasi-totalité des juridictions, y compris au titre du règlement (UE) 2017/1001 sur la marque de l’Union européenne. L’intégrer dans une maquette, même à titre d’illustration, expose le designer à des réclamations pour contrefaçon ou dilution de marque. Nous détaillons ici les mécanismes juridiques précis et les alternatives opérationnelles pour sécuriser vos livrables.
Responsabilité du designer sur Figma, Canva et outils collaboratifs
Depuis 2023, Figma et Canva ont mis à jour leurs conditions d’utilisation pour transférer explicitement la responsabilité de toute violation de propriété intellectuelle à l’utilisateur qui importe ou partage le fichier. Un designer qui publie une maquette contenant le logo OMEGA sur un espace communautaire Figma engage sa propre responsabilité, pas celle de la plateforme.
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Cette clause figure dans les sections « Terms of Service » et « User Content » de ces outils. La plateforme agit en simple hébergeur au sens de la directive e-commerce. En pratique, cela signifie que le titulaire de la marque peut adresser un takedown notice directement à la plateforme, qui retirera le fichier, puis se retourner contre le créateur du contenu.
Le risque ne se limite pas au retrait du fichier. Une maquette partagée publiquement avec un logo de marque célèbre peut être interprétée comme une suggestion de partenariat ou d’affiliation. Les guidelines brand d’OMEGA, comme celles de la plupart des maisons horlogères, insistent sur le risque de confusion quant à l’existence d’un partenariat. Ces politiques sont consultables dans les sections « Brand assets » et « Legal » du site corporate de la marque.
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Marque déposée et dilution : ce que le droit européen protège réellement
Le règlement (UE) 2017/1001 distingue trois niveaux de protection. Le premier interdit l’usage d’un signe identique pour des produits identiques. Le deuxième couvre le risque de confusion pour des produits similaires. Le troisième, celui qui concerne directement les maquettes, protège les marques renommées contre la dilution, même en l’absence de confusion directe.
OMEGA bénéficie de ce troisième niveau. Utiliser son logo dans une maquette de site e-commerce, même fictif, peut constituer un profit indûment tiré de la renommée de la marque. La jurisprudence européenne a sanctionné ce type d’usage à plusieurs reprises, y compris dans des contextes non commerciaux.
Cas des maquettes « en interne » versus maquettes publiées
Une maquette présentée en réunion client sur un écran n’a pas le même statut qu’un fichier Figma partagé publiquement ou qu’une capture d’écran postée sur Behance. Le critère déterminant est la diffusion publique. Un usage strictement interne, sans publication ni partage en ligne, réduit le risque mais ne l’élimine pas si le client redistribue le document.
Nous recommandons de ne jamais inclure un logo de marque déposée dans un fichier destiné à quitter votre poste de travail. Le contrôle du fichier une fois transmis devient impossible.
App stores et rejet de soumission : un risque supplémentaire pour les maquettes d’apps
Les politiques des app stores (Apple et Google) prévoient le rejet d’une application et, en cas de récidive, la suspension du compte développeur dès lors qu’un logo de marque célèbre illustre une app non officiellement affiliée. Ce risque concerne aussi les maquettes de démonstration soumises pour review.
Un designer qui livre des maquettes d’application mobile contenant le logo OMEGA expose son client à un refus de publication. Le coût de reprise des assets à ce stade du projet dépasse largement celui d’un placeholder bien conçu dès le départ.
Portfolio freelance sans logos de marques : construire la crédibilité autrement
Afficher des logos de grandes marques dans un portfolio freelance est une pratique répandue mais juridiquement fragile. La bonne nouvelle : un portfolio crédible ne repose pas sur les logos de vos clients. Il repose sur la démonstration de votre processus de conception et la qualité de vos livrables.
Techniques concrètes de substitution
- Créez des logos fictifs à identité forte pour vos case studies. Un monogramme original dans le même registre typographique qu’une marque horlogère de luxe démontre votre maîtrise sans enfreindre aucun droit. Le recruteur ou le prospect évalue votre capacité à produire un univers visuel cohérent, pas votre carnet d’adresses.
- Utilisez des captures d’écran floutées ou recadrées qui montrent la mise en page, la grille, le système de couleurs, sans que le logo soit lisible. Cette approche est courante dans les NDA stricts et les recruteurs y sont habitués.
- Documentez votre démarche par des schémas de wireframe, des moodboards et des descriptions textuelles du brief. Un case study qui explique « refonte de l’interface de réservation pour une maison horlogère suisse » avec des wireframes anonymisés a plus de valeur qu’une capture d’écran avec logo.
Le réflexe d’afficher un logo célèbre procède d’un biais : nous supposons que le prospect sera impressionné par la marque. En réalité, le prospect évalue la qualité du travail, pas le prestige du client.

Checklist juridique avant livraison d’une maquette
Avant de transmettre un fichier contenant des éléments de marque tierce, nous appliquons systématiquement une vérification en plusieurs points.
- Vérifier si le logo figure dans une base de marques déposées (EUIPO pour l’Europe, INPI pour la France). Si la marque est enregistrée, tout usage non autorisé est présumé illicite.
- Remplacer le logo par un placeholder vectoriel portant la mention « Logo client » ou par un monogramme fictif. Les outils de design system permettent de créer des composants réutilisables pour cet usage.
- Insérer une clause dans le contrat de prestation précisant que les logos de marques tierces ne sont pas inclus dans les livrables et que le client est responsable de l’intégration de ses propres assets sous licence.
- Vérifier les conditions d’utilisation de la plateforme de partage avant publication. Un fichier Figma Community ou un template Canva public est indexé par les moteurs de recherche et visible par les services juridiques des marques.
La protection de votre activité de designer passe par la maîtrise de ces mécanismes. Un logo de substitution bien exécuté valorise autant votre maquette qu’un logo réel, sans ouvrir de risque juridique. Les marques comme OMEGA disposent de services dédiés à la surveillance de l’usage de leurs assets visuels en ligne, et les procédures de takedown sont devenues rapides et systématiques.

